FOVÉA CIE

DIRECTION ARTISTIQUE

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Inès KAFFEL

La fovéa est la zone centrale de la rétine où la vision est la plus précise, c’est aussi la partie la plus sensible de l’oeil. C’est avec cette même pensée de l’art – une vision précise et sensible du monde – qu’Inès Kaffel, directrice artistique, pense la création théâtrale.
En s’emparant d’un sujet sociologique ou philosophique, la compagnie mène des projets liant recherche artistique, actions sur le territoire et écriture dramatique.

Autrice et metteuse en scène, Inès Kaffel débute son parcours par la musique, ce qui l’amènera sur les bancs de l’Institut de Musicologie en 2009 et du Conservatoire de Nancy. Elle aborde le plateau en intégrant la Licence Pro Métiers des arts de la scène de l’Opéra National de Nancy en 2011.

Directrice de production depuis 10 ans, elle reprend en parallèle le chemin de la création. Elle nourrit sa réflexion sur la dramaturgie et la mise en scène auprès d’artistes et chercheurs comme Davide Carnavelli, Antoine Cegerra, Rebecca Chaillon, Léo Cohen-Paperman, Sylvain Levey, Amandine Truffy & Bertrand Sinapi, Héléna Tornero, Jean-Pierre Ryngaert, Catherine Umbdenstock.
Elle obtient un Master en Mise en scène et Dramaturgie à l’Université de Lorraine où elle approfondit sa recherche sur les écritures de plateau.

En 2023, elle entame l’écriture de Viens voir le Docteur (non n’aie pas peur), triptyque inspiré de témoignages sur la relation soignants-soignées.
Depuis 2024, elle développe un projet d’écriture de plateau La nuit, je doute où elle se penche sur ce sentiment inhérent à l’esprit humain, le doute. 

VIENS VOIR LE DOCTEUR (NON N’AIE PAS PEUR)

Viens voir le Docteur (non n’aie pas peur) retrace l’expérience de trois femmes dans leurs parcours médicaux.

Entre douleurs physiques, santé mentale, « syndrome méditerranéen » et violences gynécologiques, cinq voix féminines tissent un récit où se mêlent consultations médicales, paroles extérieures et pensées intimes.

Ces récits réinterrogent notre rapport au corps physique, éprouvé de l’intérieur mais dont le savoir est détenu par le corps médical. Ils nous plongent dans le besoin de soin, la vulnérabilité face à l’autorité médicale, l’invisibilité des violences ordinaires et le doute persistant quant à la légitimité de ses propres ressentis.

“ Il s’est passé quelque chose dans un endroit
où on pense
que c’est pas bien grave
que ce qui se passe concerne autre chose
quand on dit quelque chose on veut dire autre chose
que c’est toujours les mêmes problèmes

On pense
ce qui se passe dans ce cabinet
ce n’est que des paroles
ne peut être que bénéfique
ne peut pas être mauvais

On pense
ce qui ce qui se dit en regardant
ne peut pas être déplacé

On pense
ce qui s’écoute en regardant
ne peut pas être condamnable
ne peut pas avoir eu lieu

Parce que cela a lieu dans un cabinet
d’un Docteur
Avec un eur comme honneur

Parce que ce ne sont que des histoires de nanas”

LA NUIT, JE DOUTE

La nuit, je doute explore les multiples visages d’un sentiment universel, à la fois vertige intérieur et moteur de transformation.

Nourri de recherches en philosophie, psychologie et de témoignages, le projet explore cette ligne de crête où nous place le doute, entre trouble intérieur et certitudes figées.
En mettant en scène les mécanismes du doute, nous voulons lui redonner une valeur, une possibilité d’émerveillement, comme un espace de transformation personnelle et sociale. 

Un huis clos réunit trois amies où chacune traverse une « nuit de la foi » . Cette expression empruntée aux communautés religieuses exprime le phénomène de perte de croyance. À partir d’une situation ordinaire – Mila, Sophie et Sélène sont réunies pour préparer l’enterrement de vie de jeune fille de leur amie Eva – le spectacle fait progressivement glisser le réel vers un espace plus introspectif. Nos trois personnages, constituées de leurs propres croyances, seront chacune remise en question dans leur identité. Le récit d’une histoire d’amies, cette relation particulière, nous amène à parler du rapport à soi et à l’autre, de l’image qu’on porte comme un reflet déformé de nous-même.
À travers elles, La nuit, je doute met en lumière ce que le doute dit de nos pensées, de nos réactions et comportements sociaux, et de notre rapport à soi et à l’autre. 

Pour son prochain spectacle, Fovéa Cie se penche sur ce sentiment inhérent à l’esprit humain : le doute. Celui-ci est ancré dans notre quotidien et peut nous figer dans nos choix de vie.

Se pencher sur le champ du “doute” découle d’un désir d’explorer une des questions les plus universelles et intimes de l’expérience humaine.

À l’heure d’une exposition de l’intime de plus en plus présente et du schisme des opinions forgées dans les médias et les réseaux sociaux, l’expression de la certitude devient omniprésente.

Quel chemin s’élabore en nous pour que l’incertitude finisse par s’exprimer parfois dans une conviction ferme ? La certitude serait-elle l’expression de doutes intérieurs qui ne sauraient se montrer ?

Le doute, dans sa multiplicité, est à la fois une source d’angoisse et de réflexion, un moteur de quête intérieure qui nous pousse à remettre en question nos certitudes, nos choix et notre perception du monde.